SECURITE ET DEFENSE PAR ERIC JL BRETON - DEFENSE
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Mercredi 16 avril 2003

DEFENSE
ARMEES-DEFENSE : le dossier présentant la Défense et les forces armées de la France est en ligne - 15 04 03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-16 12:46:15
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Lundi 14 avril 2003

DESARMEMENT
Analyse L'Europe menacée d'un désarmement technologique LE MONDE | 14.04.03 | 14h10 A deux semaines d'un mini-sommet à Bruxelles de quatre pays européens sans le Royaume-Uni, sur la défense, Michèle Alliot-Marie, ministre française de la défense, a sur son bureau un rapport alarmant. Il conclut à "un véritable désarmement technologique"de l'Europe face aux Etats-Unis. Et, singulièrement, un désarmement des grands pays européens, dont la France, mais qui épargne cependant la Grande-Bretagne. Le document en question émane de l'Observatoire économique de la défense, qui dépend de la direction des affaires financières au sein du ministère français de la défense. Tout ce qu'il y a de plus officiel et, en l'espèce, de moins contestable. Entre 1980 et 2000, selon ce rapport, l'écart entre les Etats-Unis et les pays de la LOI (Letter of Intent), c'est-à-dire l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni et la Suède, n'a cessé d'évoluer à l'avantage des Américains en matière de crédits d'études, de recherche et développement à des fins militaires. "Exprimé en monnaie constante [dollar 2001], est-il écrit dans la note, l'effort cumulé des pays de la LOI représentait 40 % de celui des Etats-Unis en 1980, 30 % en 1990 et moins de 23 % en 2000. Il a diminué de 22 % sur la période considérée, alors que celui des Etats-Unis augmentait dans des proportions proches de 40 %." En France, cet effort sur la technologie de défense a sensiblement augmenté entre 1980 et 1990, puis il a fortement diminué entre 1990 et 2000, "à la fois en termes absolus et en termes relatifs", est-il précisé dans le rapport. Ce qui vise autant la présidence de François Mitterrand, précédemment, que celle, aujourd'hui, de Jacques Chirac. La conclusion est sans appel. Chez les Européens, "c'est à l'équivalent d'un véritable désarmement technologique que nous avons assisté, avec les conséquences que l'on connaît et qui sont, dans une large mesure, déjà perceptibles". Le phénomène est "d'autant plus paradoxal, sinon troublant", note le document, qu'il n'a pas d'équivalent en matière de recherche et développement à usage civil. En l'espèce, ce sont les Etats-Unis qui sont à la traîne : leur effort de recherche civile a augmenté trois fois moins vite que celui des pays de la LOI durant la même période. Autre constat : entre le Royaume-Uni et la France, la compétition n'est pas à l'avantage de la seconde, qui tend plutôt à décrocher. Certes, l'effort de défense des six pays européens de la LOI repose en 2000, à raison de 70 % de son total, sur la Grande-Bretagne et la France, qui peuvent prétendre ne pas baisser les bras. Mais, outre le fait que, en 1980, Britanniques et Français assuraient 85 % de l'effort, il y a aussi ce diagnostic inquiétant du ministère français de la défense selon lequel "la France, parmi ses partenaires européens, a vu s'éroder sa position en matière de recherche et développement militaire vis-à-vis du Royaume-Uni". D'une certaine façon, la France rend un hommage indirect à la politique persévérante des Britanniques dans le domaine de la technologie militaire, à la veille du mini-sommet de Bruxelles, d'où ils seront les grands absents. Leur ministre des affaires étrangères, Jack Straw, s'en est expliqué en affirmant au quotidien espagnol El Pais que "les décisions fondamentales en matière de défense et de politique étrangère devront continuer à être intergouvernementales et à relever de la compétence des Etats". DES MOYENS QUE LA FRANCE N'A PAS Si l'Observatoire économique de la défense note que, toute comparaison gardée, le désarmement technologique de la France est "déjà perceptible dans une large mesure", c'est que l'actualité, avec les péripéties de la guerre en Irak, est là pour en apporter la preuve. On n'épiloguera pas sur les raisons qui ont incité les gouvernements, de part et d'autre de la Manche, à réagir différemment face au problème irakien. Mais on remarquera – pour illustrer l'écart qui se creuse entre les capacités militaires des deux pays – que la Grande-Bretagne est intervenue face à Saddam Hussein avec des moyens, tels les missiles de croisière Tomahawk lancés par des sous-marins ou Storm Shadow tirés par des avions Tornado, que la France n'a pas encore et qu'elle attend. Dans un autre ordre d'idées, le Royaume-Uni s'est engagé à disposer, au début de la prochaine décennie, de deux porte-avions, quand la France continue de discuter des modalités opérationnelles d'un deuxième Charles-de-Gaulle. De même, en ayant acheté des gros-porteurs C-17 et C-130J aux Etats-Unis, les Britanniques alignent déjà une force aérienne dite de "projection", alors que leurs alliés français doivent se satisfaire d'une flotte fatiguée de Transall. Les responsables politiques et industriels français, qui ne nient plus le fait que le Royaume-Uni a fait des choix intelligents et que, d'une certaine façon, il est devenu le pays leader européen en matière de défense, en sont réduits à attendre leur allié au tournant. En effet, à trop s'être rapprochés des Etats-Unis en "collant" à leurs options militaires, les états-majors britanniques ont peut-être commis des erreurs. En témoigne le fait qu'ils ont décidé de participer activement au nouveau programme F-35 – l'ex-avion de combat Joint Strike Fighter (JSF) que Washington a proposé aux Européens – du groupe Lockheed Martin, alors que l'armée de l'air américaine le défend sans aucun enthousiasme, pressée qu'elle est de devoir payer en priorité son autre nouvel avion de combat F-22, qui va lui coûter très cher. Que peut-il se passer dans ce contexte ? L'annulation du projet F-35, si elle devait se produire, comme l'éventualité n'en est pas totalement exclue, laissera l'Europe sans programme commun pour remplacer, à terme, ses avions de combat actuellement en service, comme les Rafale, Eurofighter et autres Gripen. Ce jour-là, s'il advenait, ses alliés européens ne manqueront pas de rappeler à la Grande-Bretagne qu'elle a pris une lourde responsabilité en se ralliant trop vite aux intérêts de Washington. Jacques Isnard • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.04.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-14 10:32:01
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Vendredi 21 mars 2003

LES ARMES DE GUERRE


Le Point, n° 1592
Monde, vendredi 21 mars 2003, p. 46

Matériel
Les robots du champ de bataille

Jean Guisnel

Quels matériels pour intervenir en « zones urbaines hostiles », infestées de snipers ou de mines ? Le Pentagone et son agence de recherche avancée ont accouché d'engins inouïs.

En terrain libre, c'est-à-dire sans obstacles que ne sauraient vaincre des forces puissamment armées, dont les combattants sont à couvert dans des véhicules blindés et environnés par des nuées d'avions spécialisés dans le soutien rapproché (Close Air Support), les forces américano-britanniques ne devraient pas avoir à craindre les troupes irakiennes.

Mais les leçons des combats urbains récents les plus farouches, notamment en Bosnie, sont prises très au sérieux par les troupes de l'US Army et du Marine Corps. D'autant plus que celles-ci n'y sont pas vraiment accoutumées, et que les entraînements dans les villes moyen-orientales reconstituées dans les déserts américains ont démontré qu'elles pourraient avoir à souffrir d'une résistance sans doute hypothétique, mais néanmoins possible.

Pour ces raisons, et depuis des années, le Pentagone et son agence de recherche avancée, la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), travaillent sur de nombreux scénarios de guerre robotique.

Ces travaux ont visé à déterminer quelles seraient les technologies les plus utiles pour des interventions en zones urbaines hostiles. Objectif : protéger des fantassins débarqués de leurs engins blindés et qui ne peuvent sans risque majeur pénétrer dans des zones fortement défendues par des combattants hostiles, ou par des pièges de tout type, dont les mines. Ces études ont été menées en collaboration avec le Defense Science Board, notamment à Fort Benning (Georgie) et ont associé des officiers ayant combattu sur les terrains les plus difficiles que les fantassins américains ont eu à connaître au cours des dernières décennies, lors des interventions sur l'île de la Grenade (opération Urgent Fury, 1983), à Panama (Just Cause, 1989), dans le Golfe lors de la guerre de 1990-1991 (Desert Shield et Desert Storm), à Haïti (Uphold/Restore Democracy, 1994) ainsi que dans les Balkans.

Engins démineurs

D'autres travaux ont été menés, qui ont débouché sur des réalisations d'engins capables de mener des reconnaissances dans des immeubles ou des terrains découverts, mais aussi de gérer à partir de plates-formes automatiques d'autres engins telécommandés aptes à parcourir de plus grandes distances, voire de lancer des minirobots volants pouvant explorer des étages d'immeubles. Exemple : le MDARS. Il s'agit d'un système que les militaires appellent, dans leur inimitable jargon, un « robot marsupial », développé par le Space and Naval Warfare Center de San Diego (Californie). En fait, une grosse caisse à savon sur quatre roues destinées à lui donner une bonne mobilité, avec des caméras pour se faire guider par des opérateurs, et qui emporte deux engins à grande distance, grâce à son moteur Diesel.

Le premier de ces « petits », l'Urbot, est un minuscule véhicule à chenilles très léger, mais tout de même capable de franchir des fossés ou un petit obstacle, voire de grimper des escaliers. Dès que le MDARS est arrivé dans sa zone d'action, il largue donc ce robot à chenilles, qui va vivre sa vie et fouiller la zone dangereuse. Mais le robot porteur dispose d'un autre équipement : un étonnant petit (30 cm de diamètre) hélicoptère, l'iSTAR, apte à toutes les manoeuvres d'un engin de ce type, naturellement doté de divers « senseurs » (caméras, télémètre, etc.) lui permettant de repérer à distance des forces hostiles. Quand sa mission est terminée, son opérateur peut le faire se reposer sur le MDARS, pour que tout le monde rentre au bercail. La documentation technique du Pentagone précise que les premiers essais de ce système ont été conclus avec succès en septembre 2002, et que de nouveaux essais doivent être conduits avec un iSTAR encore plus minuscule (10 cm de diamètre) qui ira tranquillement faire ses petites manoeuvres, tout seul avec l'Urbot. On imagine que les militaires vont se servir du terrain d'essai grandeur nature de l'Irak pour terminer la mise au point rapide de ces marsupiaux d'un genre nouveau.

Il y a fort à parier que la vraie utilité des robots guerriers sera, dans cette guerre, celle d'engins démineurs. Indispensables pour aller vérifier un véhicule piégé ou pour tester un barrage suspect. De nombreux modèles sont en cours de mise au point, mais le plus opérationnel paraît être le Solem, de la firme Foster-Miller, si léger qu'il peut être porté dans une valise, et donc déployé au sein d'unités légères au plus près de la ligne de front -

Encadré(s) :

Un robot et son hélico

Robot « marsupial », le MDARS emporte deux sous-systèmes : l'Urbot à chenilles, et le petit hélicoptère caréné iSTAR. Une manière de pénétrer sans risque dans des zones trop dangereuses pour les combattants.

Le robot Solem

Déjà opérationnel et en dotation dans des unités déployées au Koweït, cet engin chenillé équipé d'une caméra est surtout destiné à des opérations de reconnaissance. Il opère aussi bien le jour que la nuit, est amphibie, transportable dans une valise et dispose de senseurs multiples, y compris pour mesurer la présence de toxiques chimiques ou biologiques. Il peut également emporter une arme à feu ou des grenades explosives ou fumigènes. Les instructions lui sont transmises soit par radio, soit par fibre optique

Le Robart III

Si l'un des palais de Saddam Hussein n'est pas détruit par l'offensive américaine, le Robart III est le robot idoine pour vérifier qu'il ne contient ni pièges ni chausse-trapes. Il s'agit d'une « plate-forme de démonstration » associant un robot maître, joliment nommé Robart III, et une demi-douzaine d'esclaves arachnéens qui se dispersent à la commande, pour observer et prendre des mesures avant de le rejoindre. Tout ce petit monde est relié par liaison radio et capable de se déplacer seul dans son environnement, pour explorer par exemple des pièces lointaines. Initialement conçu pour surveiller des entrepôts militaires, Robart III est armé, mais pas pour tuer. Un canon quadritube lance des traits propulsés par air comprimé

Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) uniforme(s) : Sports et loisirs
Taille : Long, 766 mots

© 2003 Le Point. Tous droits réservés.

Doc. : 20030321PO159204601

 

Etats-Unis
Les armes de Goliath

Depuis le conflit en Afghanistan, les Etats-Unis ont élaboré des armes high-tech. L'Irak sera leur terrain d'essai. E-bomb, robots... Revue de détails.

Jean Guisnel

Depuis la guerre du feu, tous les conflits ont été utilisés pour mettre au point et tester de nouvelles armes. Dans la lutte perpétuelle de l'épée contre la cuirasse, des adversaires de puissances équivalentes tentaient des percées visant à vaincre l'adversaire. Avec la fin de la guerre froide, pourtant, et donc celle de l'équilibre de la terreur entre les Etats-Unis et l'URSS, les choses ont évolué. Les attentats du 11 septembre 2001 ont démontré à des Etats-Unis sidérés qu'un adversaire sans moyens technologiques ni soutien étatique significatif, armé de sa seule détermination, était en mesure de mettre un géant à genoux. Mais, depuis, Goliath s'est ressaisi, et la première démonstration en a été donnée lors de la guerre contre les talibans afghans. Bien sûr, il s'agissait d'un affrontement asymétrique entre, d'une part, une armée de gueux dépenaillés et, de l'autre, la première puissance économique et militaire de la planète.

« Révolution militaire »

Celle-ci a démontré à cette occasion que, si elle n'était pas capable de trouver, d'arrêter et de châtier dans l'immédiat les auteurs de l'une des pires humiliations de son histoire, elle avait su à tout le moins remodeler son outil offensif. Bien plus que la guerre du Golfe de 1991, la guerre contre les talibans aura permis de voir émerger, et de mettre en oeuvre sur le terrain, cette « révolution dans les affaires militaires » théorisée par un très discret gourou du Pentagone, Andrew Marshall, directeur de l'Office of Net Assessment, octogénaire, mais bon pied bon oeil, et tête bien faite. Cette révolution dans les affaires militaires est illustrée de manière plus qu'explicite par deux armes utilisées en vraie grandeur lors du conflit afghan.

L'une d'entre elles est la Joint Direct Attack Munition, ou JDAM. On prend une bombe à gravitation tout ce qu'il y a de classique, dite « lisse », pratiquement inchangée depuis la Seconde Guerre mondiale, et on lui adapte un kit comprenant des ailerons et un petit système de navigation par satellite GPS. Tous les avions de l'arsenal américain, ou presque, peuvent en emporter des quantités : 24 pour le B1-B Lancer, 16 pour le B-2 Spirit, 12 pour le B-52 Stratofortress. Il suffit à l'équipage de ces appareils d'entrer dans l'ordinateur de la bombe les coordonnées précises des points à frapper, et l'engin, largué à 30 kilomètres du point d'impact, atteint individuellement sa propre cible, avec une précision de 13 mètres. Résultat : les « tapis de bombes » n'ont plus d'utilité, et les frappes sont à la fois plus précises et nettement moins chères... Pourquoi parle-t-on de « révolution dans les affaires militaires », ou RMA (pour Revolution in military affairs) ? Parce que ces frappes technologiques sont permises par l'association des outils de positionnement (les satellites GPS) et de communication : pratiquement chaque chef de section d'infanterie peut réclamer une frappe « individuelle » car il dispose des radios permettant de transmettre directement un ordre précis au bombardier qui effectue des cercles à haute altitude.

Or c'est en Afghanistan que cette JDAM a été utilisée pour la première fois à une telle échelle, et avec un tel succès tactique qu'il est acquis que, lors des frappes contre l'Irak, elle constituera sans doute le plus des armes aériennes utilisées.

Seconde innovation : l'étonnant couple Predator/Hellfire. Là, c'est un drone, un avion télécommandé (mais par des pilotes de chasseurs F-15, qui n'en sont pas encore revenus), armé de missiles antichars Hellfire conçus pour l'hélicoptère d'attaque AH-64 Apache, équipé d'une caméra de télévision qui transmet par satellite, en temps réel, les images au centre de commandement. C'est le positionnement par satellite, les flux énormes d'informations et de données techniques également transmises par satellite qui ont permis de frapper des cibles identifiées précisément, en Afghanistan, comme plus tard au Yémen. RMA, encore...

Une puissance écrasante

On ne sait évidemment pas tout de la future guerre. Dans sa propagande sans retenue pour ce conflit ardemment désiré, l'administration Bush a voulu, jusqu'au déclenchement des hostilités, démontrer que sa puissance est écrasante, et n'a accepté de dévoiler qu'une seule arme nouvelle, la MOAB. Il y a fort à parier que d'autres innovations seront introduites au cours de ce conflit, dont des robots pour le combat urbain, et peut-être même la e-bomb, cette arme que l'on dit un peu facilement « propre » car elle ne frapperait que les installations électriques et électroniques, et pas les êtres humains. Voire... Dans tous les cas de figure, et face à l'énormité de l'arsenal déployé contre eux, Saddam Hussein et son régime ne peuvent compter que sur des procédés inattendus pour espérer gêner leurs assaillants...

Pour le reste, et jusqu'à plus ample informé, on retiendra que des méthodes nouvelles ont été mises en oeuvre, qu'une part considérable de la logistique et des approvisionnements a été confiée à des entreprises privées. Ce qui ne manque pas de pertinence quand on sait que les 250 000 hommes et plus déployés dans le Golfe reçoivent tout, absolument tout, y compris les tomates et l'eau minérale, du continent américain. Les réseaux informatiques tactiques ont aussi été installés par des entreprises privées sous-traitantes du Pentagone. Des entreprises plus que prospères

« La mère de toutes les bombes »

L'arme est inimaginable de puissance de feu. Un dérivé du napalm (plus de 9 tonnes) utilise l'oxygène de l'air comme comburant et l'explosion libère une telle énergie que cette arme « thermobarique » est parfois qualifiée de « sub-atomique ». La présentation de la MOAB (Massive Ordnance Air Blast), aussitôt rebaptisée « Mother of all bombs » (la mère de toutes les bombes) par l'US Air Force, a été faite sur un champ de tir de Floride, dans l'évident dessein d'impressionner Saddam Hussein, qui a pu imaginer son effet sur ses chers palais.La redoutable MOAB, guidée par satellite, est la plus grosse bombe non nucléaire existante

© le point 21/03/03 - N°1592 - Page 42 - 996 mots

 



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-21 13:00:33
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Mardi 4 mars 2003

ARSENAL DE TOULON
ENQUÊTE Les chantiers navals du port d'attache méditerranéen de la Royale ont été fortement secoués par les scandales : six instructions sont encore ouvertes

 
Sept années d'affaires autour de l'arsenal de Toulon
Près de sept ans après la mise à jour d'un impressionant réseau de corruption établi entre la Direction des constructions navales (DCN) et plusieurs de ses fournisseurs, Toulon panse ses plaies. Eclaboussée par ce scandale financier et marquée au fer rouge par les affaires en général, la Ville a finalement pris le parti de faire de l'arsenal un authentique produit d'appel touristique. Pas moins de six instructions sont pourtant toujours ouvertes, tandis que le «tableau de chasse» des juges ne cesse de s'alourdir : près de 80 personnes ont d'ores et déjà été mises en examen et un procès devrait avoir lieu d'ici à l'été.

Toulon : de notre envoyée spéciale Anne-Charlotte De Langhe (avec Robert des Nauriers)
[04 mars 2003]

A Toulon, on saisit l'importance de l'arsenal militaire depuis les chemins escarpés du mont Faron, là où le regard porte au moins jusqu'au fort de l'Eyguillette, voire la presqu'île de Saint-Mandrier. Sur la droite se détache une impressionnante tâche grise tout en relief, où les quais sont autant de tentacules et les navires de guerre autant de trophées. Sous les premiers soleils d'hiver, loin des bourrasques et de la houle, des tribunaux et des administrations, il est pourtant des tempêtes que l'on n'oublie pas. Mis au jour au printemps 1996, le système de corruption installé par plusieurs employés de la Direction des constructions navales et leurs fournisseurs provoqua l'un de ces ouragans : prestations surfacturées, livraisons fictives, prêts illégaux de main-d'oeuvre, multiples entorses au Code des marchés publics, crédits d'équipement pillés, et pas moins d'un milliard de francs détournés en l'espace de dix ans.

Un inventaire que résume un commerçant du port en un haussement d'épaules : «Il y a de tout dans la bouillabaisse.» Pour l'heure, seules 39 personnes ont donc pu être jugées, alors même que six instructions demeurent encore ouvertes, de Paris à Marseille. Instruit dans la cité phocéenne, le volet militaire des affaires s'est épaissi de 74 mises en examen. Parmi elles figure notamment celle de Jean-Marie Poimboeuf, patron de la DCN, soupçonné de «complicité de prêt illégal de main-d'oeuvre et complicité d'escroquerie».

Si, de l'avis de certains Toulonnais, ce ne fut pas l'«affaire du siècle», l'imposant dossier des marchés truqués a fait du bruit. Aujourd'hui encore, chaque habitant ou presque compte parmi ses connaissances une personne ayant contribué de près ou de loin aux malversations et pots-de-vin d'antan, qui un marchand de matériel informatique, qui un voyagiste ou un décorateur. «On sait très bien qui s'est fait construire une baraque avec piscine sur le dos de l'État», assure un ancien de l'arsenal.

Aussi la justice se réserve-t-elle le droit de mener à son rythme ce travail de fourmi, tandis que la municipalité s'efforce de redorer quelque peu l'image de la cité. «Il faut sans cesse remettre les pendules à l'heure», confirme l'un des conseillers du maire, Hubert Falco (lire ci-dessous). Boudée par les touristes, parent pauvre de la Côte, Toulon refuse de pleurer sur son sort et préfère miser sur ce qui fut son tout premier atout : la Marine nationale.

Vaille que vaille, les bateliers du port de plaisance continuent de se partager le quai Cronstadt pour proposer aux curieux admiratifs une visite commentée de la rade et du port militaire. En une heure, et pour 8 Û, tout y passe : frégates, avisos, chasseurs de mines, «vue panoramique» comprise. Et, bien évidemment, le porte-avions Charles-de-Gaulle, quand la star se trouve dans son port d'attache.

Au sein de la préfecture maritime, on ne se soucie pas davantage du retentissement des «affaires» : chaque mois, quelque vingt demandes pour des visites de groupe de la rade atterrissent sur le bureau du service communication.

De l'aveu même du capitaine de vaisseau Daniel Fabre, adjoint opérations, on fit par ailleurs longtemps «l'amalgame entre les officiers généraux de la Marine et ceux de la DCN». L'époque semble révolue.

Pourtant, et avant même qu'une poignée d'entre eux ne soient à leur tour jugés d'ici à la fin de l'année, un autre soubresaut judiciaire pourrait bien raviver de mauvais souvenirs. L'adjudant-chef Henri Calliet, l'un des deux gendarmes maritimes qui avaient été écartés de l'enquête en 1998 après avoir découvert le pot-aux-roses, se présentera le 27 mars au tribunal d'Aix-en-Provence pour faire appel d'une décision rendue par le doyen des juges d'instruction de Marseille.

Réhabilité dans ses fonctions au printemps dernier, le gendarme a peu après été implicitement soupçonné de ne pas enquêter au sein d'une entreprise suspecte sous prétexte que sa femme y était employée. Suite à sa plainte déposée pour «dénonciation calomnieuse et atteinte à la vie privée», celui-ci s'est vu opposer une ordonnance de refus d'informer. «Le juge refuse de se replonger dans le dossier, note son avocate, Me Christine Ravaz. Dès qu'une personne en charge de l'enquête cherche à éclaircir les choses, la justice, elle, se cache les yeux.»

Une «affaire dans les affaires», qui, à force de traîner en longueur, pourrait la faire passer pour insoluble. «C'est très souvent le cas ici, déplore Me Ravaz. Bien des dossiers remuent des tas de choses et menacent les intérêts des uns et des autres. Il ne faut pas se leurrer : Toulon est une petite République cocotière.»




ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-04 13:10:56
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Vendredi 14 février 2003

UE


• LE MONDE | 05.02.03 | 13h17


Paris et Londres proposent de doter l'UE d'une force aéronavale permanente
Au Touquet, Jacques Chirac confirme que la France et la Grande-Bretagne pourraient construire en commun leurs porte-avions

Le Touquet de nos envoyés spéciaux

La décision de la Grande-Bretagne d'associer le groupe français Thalès à la construction de deux nouveaux porte-avions britanniques de 50 000 à 55 000 tonnes, sous la maîtrise d'œuvre de BAE Systems, pourrait amener Paris à profiter du programme pour acquérir son deuxième porte-avions.

A l'issue du sommet franco-britannique, qui s'est tenu mardi 4 février au Touquet, le président Chirac, exprimant sa "grande satisfaction"à propos du choix industriel de Londres, a indiqué qu'"il ouvre une perspective nouvelle à la France pour la construction d'un deuxième porte-avions". "Nous allons, a-t-il ajouté, commencer les études pour voir si nous ne pouvons pas nous associer à la construction des deux porte-avions britanniques. Un programme à trois coûte moins cher."

Cette annonce entendait illustrer de manière concrète la volonté affichée par Jacques Chirac et Tony Blair, au Touquet, de ne pas laisser leurs désaccords sur l'Irak affecter trop profondément leurs relations et la poursuite de l'intégration européenne. L'un et l'autre se sont ainsi efforcés de dédramatiser l'impact qu'ont eu, ces deux dernières semaines en Europe, l'affirmation d'un front franco-allemand sur l'Irak face à un front atlantiste représenté par les huit signataires de la déclaration pro-américaine initiée par Tony Blair et le président du conseil espagnol, José Maria Aznar.

En dépit de l'Irak, mais aussi de l'agacement suscité par la réaffirmation, à l'occasion du 40e anniversaire du traité de l'Elysée, d'une relation particulière franco-allemande, il a été convenu que les efforts pour plus d'intégration européenne devaient être poursuivis avec tous. Français et Britanniques réaffirment leurs responsabilités particulières en matière de défense, dans l'esprit de leur initiative de 1998 à Saint-Malo.

Dans une déclaration sur le renforcement de la coopération européenne en matière de sécurité et de défense, la France et le Royaume-Uni ont non seulement annoncé au Touquet leur volonté de coopérer sur les porte-avions, mais proposent aussi de coordonner leurs capacités aéronavales au service du corps européen de réaction rapide. Cet accord a été rédigé, le 23 janvier à Londres, par les chefs d'état-major des deux marines dans une lettre d'intention qui fixe des procédures en matière de coopération navale.

PIÈCE MAÎTRESSE

En 2000, les deux pays s'étaient engagés à fournir une centaine de navires, au total, pour des interventions du corps européen. Cette armada est groupée autour de la pièce maîtresse que sont les porte-avions. Au Touquet ont été formalisées les dispositions grâce auxquelles la Grande-Bretagne (qui a trois porte-avions) et la France (avec le Charles-de-Gaulle) organiseront leur coopération dans leur domaine aéro-naval pour permettre à l'Union européenne d'avoir une plus grande capacité de projection de forces.

"L'objectif est d'avoir en permanence un porte-avions européen disponible",indique la déclaration. L'Espagne et l'Italie, qui ont chacune un porte-avions de plus petit tonnage, seront à terme associées à cet engagement naval.

Comme cela a également été proposé avec l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne appuieront ensemble les efforts pour doter l'Union d'une politique commune d'acquisition et de production d'armement. Paris et Londres se sont mis d'accord sur les objectifs à fixer à "une agence intergouvernementale de développement et d'acquisition des capacités de défense".

Henri de Bresson et Claire Tréan


Cent ans d'entente cordiale à célébrer en 2004

La France et l'Allemagne ont célébré avec force symbole, les 22 et 23 janvier, le 40e anniversaire du traité de l'Elysée, réunissant à cette occasion leurs deux Parlements au château de Versailles pour une séance solennelle en présence du président Chirac et du chancelier Schröder. Cette réaffirmation forte de la relation franco-allemande, que Paris et Berlin entendent mettre au service de l'Europe, a froissé quelques sensibilités en Europe, notamment à Londres. Déjà en octobre 2002, Tony Blair s'était irrité publiquement de l'arrangement auquel étaient parvenus MM. Chirac et Schröder pour régler leur contentieux sur la politique agricole commune (PAC) en renvoyant une réforme à 2006, ce qui avait provoqué le report du sommet du Touquet de décembre à janvier.

Jacques Chirac et Tony Blair se sont mis d'accord, mardi, pour estimer que l'entente franco-britannique valait bien elle aussi une messe. En 2004, les deux pays célébreront donc solennellement à leur tour "cent ans d'entente cordiale". Les ambassadeurs ont été chargés d'arranger les détails.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 06.02.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-14 12:05:09
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Dimanche 9 février 2003

INTERVIEW D'ALLIOT-MARIE
Entretien du ministre de la Défense, madame Michèle Alliot-Marie sur R.F.I.
Paris, le 7 février 2003

Journaliste
Invitée de RFI aujourd’hui, Pierre Ganz reçoit le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie.

Pierre Ganz
Michèle Alliot-Marie bonjour !

Michèle Alliot-Marie
Bonjour !

L’effectif de l’opération “ Licorne ” en Côte d’Ivoire atteindra ce vendredi 3 200 hommes avec l’arrivée prévue à Abidjan de 450 soldats français supplémentaires. Madame la ministre, quelle est la mission de ces renforts ?

La mission de ces renforts est de contribuer, comme c’est le cas depuis le début de la crise ivoirienne et comme cela vient également d’être demandé par les Nations Unies, à sécuriser les Français et l’ensemble des étrangers qui pourraient être pris dans des combats en Côte d’Ivoire, d’une part,

Des combats ou des manifestations ?

Ceux dont la vie pourrait être en danger en Côte d’Ivoire, et ce quelques soient les circonstances. Et d’autre part, à maintenir la ligne de cessez-le-feu pour permettre qu’un accord puisse être trouvé et surtout puisse être mis en place en Côte d’Ivoire.

Ces 450 hommes supplémentaires seront plutôt à Abidjan ?

Ces 450 hommes supplémentaires seront plutôt à Abidjan, puisque c’est à Abidjan que se concentre la très grande majorité de nos compatriotes et des étrangers. C’est à Abidjan aussi qu’ont eu lieu ces manifestations et ces pillages qui ont beaucoup inquiété nos compatriotes. Je dois dire que je comprends leur inquiétude, en voyant ces foules plus ou moins contrôlées qui lancent des slogans hostiles à la France et également hostiles aux Français qui vivent dans ce pays et lui apportent leur énergie depuis longtemps. Ils ne comprennent pas très bien ce qui se passe, et notamment lorsqu’ils ont des enfants. Il est donc normal qu’ils s’inquiètent d’éventuels débordements qui pourraient intervenir.

Vous parlez de sécurisation des Français de Côte d’Ivoire. Quelle forme cela va t-il prendre ? Est-ce que cela veut dire par exemple que tous les lieux sensibles où les Français se regroupent, écoles et autres vont être protégés par ces soldats ?

Non. Ce que nous disons, c’est que la sécurité des Français relève d’abord des autorités de Côte d’Ivoire. Elles en sont responsables personnellement, et cela leur a été dit. J’ajoute que si jamais les forces de l’ordre ivoiriennes n’étaient pas à même d’assurer cette sécurité, nous sommes présents pour les conforter. S’il y avait effectivement un risque pour les Français ou pour les étrangers, nous interviendrions. Nous ne prendrons pas le risque qu’il puisse être fait le moindre mal à nos compatriotes. C’est la raison pour laquelle, depuis qu’il y a eu ces manifestations à Abidjan, j’ai pris la décision d’assurer un survol quasi-permanent d’Abidjan par hélicoptère. Cette mesure nous permet de déceler s’il y a un mouvement ou une action quelconque et donc de pouvoir intervenir directement. Les troupes françaises sont donc là pour intervenir le cas échéant. Si la situation se dégradait, les troupes françaises seraient à même d’organiser une évacuation de nos ressortissants et des étrangers. Aujourd’hui, le problème ne se pose pas. Nous ne sommes pas dans un système d’évacuation globale. Mais nous avons tout prévu, c’est d’ailleurs le rôle des militaires. Nous sommes donc là pour mettre en œuvre des décisions qui pourraient être prises.

Et cette évacuation pourrait se déclencher si elle devait se déclencher et se mettre en œuvre très rapidement ?

Elle pourrait se mettre en œuvre très rapidement. Les plans d’évacuation ont été programmés. Nous en avons les moyens, qu’il s’agisse de moyens aériens ou qu’il s’agisse de moyens maritimes.

Juste un mot encore sur la sécurisation. Certains Français qui ont été victimes de pillage s’interrogent, se demandent pourquoi les soldats français qui étaient à quelques kilomètres ne sont pas intervenus, interviendront-ils désormais dans ces cas là ?

C’est d’abord aux autorités ivoiriennes, à la police et à la gendarmerie ivoiriennes donc, d’intervenir. Ce qu’elles ont d’ailleurs su faire à un moment donné. Si elles étaient dépassées, à ce moment-là, les troupes françaises interviendraient. Mais je crois aussi qu’il faut faire attention. Nous sommes dans un pays étranger. Nous ne nous substituons pas à la police ivoirienne. Il pourrait y avoir des formes de provocation, qui se retourneraient contre les Français, si effectivement, on voyait régulièrement des militaires français quadriller les rues d’Abidjan. Mais il faut savoir qu’ils sont présents, que s’il y avait quelque chose, ils interviendraient. Ils en ont tous les moyens. Les moyens juridiques, l’appui politique des Nations Unies et également les moyens techniques.

Cette résolution justement des Nations-Unies, est-ce qu’elle change la mission des troupes françaises ? Elle donne l’autorisation aux forces de la CEDEAO et aux forces françaises qui les soutiennent d’assurer la protection des civils ?

Cela change le poids politique et diplomatique de la mission. Nous faisions un travail qui nous paraît de notre responsabilité. C’est en effet de notre responsabilité que là où nous sommes présents, nous protégions nos ressortissants et les ressortissants étrangers. Aujourd’hui, c’est d’ailleurs la demande de toute la communauté internationale.

Alors Michèle Alliot-Marie, parlons d’un autre dossier, celui de l’Irak, il n’y a pas eu ce jeudi accord entre les membres de l’OTAN sur un soutien militaire en cas de conflit en Irak, compte tenu notamment de la position et des réserves exprimées par la France. Est-ce que cependant des décisions sur ce soutien de l’OTAN à une éventuelle opération pourrait intervenir au début de la semaine prochaine ?

Nous ne sommes pas du tout dans cette perspective. Monsieur Powell a amené un certain nombre d’éléments et d’interrogations qui ne font que conforter l’idée que nous avons du rôle des inspecteurs des Nations Unies. Il faut que les inspecteurs puissent faire leur travail, sur la base de ces nouveaux renseignements qui leur ont été donnés et aussi sur la base des renseignements que nous leur apportons tous.

La France a fourni des renseignements précis ?

Bien entendu, la France fournit régulièrement des éléments précis. Elle est d’ailleurs prête à faire encore davantage, comme vient de le dire Dominique de Villepin, pour aider les inspecteurs et augmenter le nombre des inspections - il y a d’ailleurs un nombre important de scientifiques français qui participent à ces inspections –, et également pour aider au moyen de renseignement, y compris par nos avions spécialisés.

Alors ce sont les fameux Mirage IV, est-ce qu’il y a une réponse à cette proposition française de la part de l’ONU, de l’utilisation des Mirage IV ?

Attendez ! c’est Monsieur Blix qui doit formuler cette demande. Nous lui avons fait cette offre. Il faut lui laisser le temps de nous répondre.

Si les Mirage IV étaient acceptés par Monsieur Blix, il faudrait combien de temps pour que la France se déploie ?

Quelques heures.

Michèle Alliot-Marie, je reviens à la question sur le temps. Est-ce qu’au début de la semaine prochaine, il pourrait y avoir un accord sur une préparation éventuelle de l’OTAN, la date de la semaine prochaine a été évoquée par Lord ROBERTSON ?

Je vous ai répondu très directement. Nous sommes aujourd’hui dans une phase qui est celle des inspections. Nous ne sommes pas dans une phase de préparation de la guerre.

La France n’exclue aucune option, y compris en dernière extrémité, le recours à la force, Dominique de Villepin, mercredi devant le Conseil de sécurité, dans cette hypothèse, est-ce qu’on a les moyens militaires de participer pleinement à une opération éventuelle, compte tenu de notre implication sur de nombreux théâtres extérieurs ?

Le Président de la République nous a demandé de nous tenir prêts en toutes circonstances. C’est effectivement la responsabilité du ministère de la Défense que d’avoir les moyens matériels et humains de répondre à une décision politique. Je puis vous dire aujourd’hui que nous les avons. Nous en sommes capables, même si nous sommes déjà présents en Afghanistan, dans les Balkans et aussi en Côte d’Ivoire. Nous sommes également susceptibles de répondre par notre force aérienne, par notre groupe aéronaval et également par nos forces terrestres à une décision qui serait celle du Président de la République.

Michèle Alliot-Marie merci à vous, bonne journée !


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-09 10:50:39
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Jeudi 6 février 2003

ALLOCUTIONS D'ALLIOT-MARIE

Allocution de Madame Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, à l'occasion de l'installation de la commission relative à la révision du statut général des militaires.

Paris, le 5 février 2003

Pour en savoir plus

Mesdames,

Messieurs,

Comme vous le savez, le statut général des militaires détermine l’état et la condition des militaires dans un pays. Il détermine en particulier les équilibres entre les contraintes et les exigences d’une part, les garanties et les compensations qui sont apportées aux militaires d’autre part.

L’actuel statut général des militaires date de 1972 et il a été très peu modifié depuis. Or, nous constatons que, depuis cette date, la société a évolué. Les armées ont elles aussi évolué.

La professionnalisation des armées, réalisée au cours des six dernières années, a profondément transformé les rapports entre la Nation et les armées. La professionnalisation a également transformé le métier militaire et les caractéristiques de ce métier, notamment en ce qui concerne son recrutement et sa nécessaire fidélisation.

Ce recrutement se trouve donc aujourd’hui confronté aux exigences du marché et, si je puis dire, mis en concurrence avec le secteur privé ou avec les autres administrations.

De plus, au cours notamment des opérations sur les théâtres extérieurs, les militaires français sont appelés à côtoyer des militaires d’autres pays occidentaux dont les statuts sont sensiblement différents.

Pour l’ensemble de ces raisons, il était donc nécessaire de procéder à un certain nombre d’adaptations. C’est ce qu’a souhaité le Président de la République.

C’est le sens de la démarche entreprise à partir d’aujourd’hui.

Nous avons donc souhaité que soit mise en place une commission, composée à la fois de représentants du ministère de la Défense mais également de personnalités extérieures, afin de faire le bilan des travaux qui ont déjà pu être engagés dans ce domaine et apporter l’ensemble des éléments nous permettant d’avancer notre réflexion.

La commission aura donc à réfléchir à de nouvelles propositions concernant le statut général des militaires, en prenant en compte à la fois les exigences fondamentales liées à la mission spécifique confiée par la nation aux militaires, les principes de neutralité, de discipline et de disponibilité, et étudier les aménagements nécessaires avec la modernisation d’un certain nombre de rapports.

C’est un travail difficile qui a été confié à cette commission.

Je remercie ceux qui ont accepté d’en faire partie, au premier rang desquels son président, Monsieur Renaud Denoix de Saint Marc, qui est à la tête du conseil d’état, et donc le premier fonctionnaire de France. Je remercie également le vice-président, l’amiral Bereau, et le rapporteur général, le contrôleur général des armées Larhant.

Comme je viens de le dire, cette commission est constituée de personnalités qualifiées de la société civile, afin de lui donner son ouverture nécessaire. Je salue, et remercie en particulier, Madame Colloc’h, DRH du groupe AXA, Monsieur Saget, conseiller du ministre de l’Education nationale, et Monsieur Boëne, qui ont accepté donc de travailler au côté des représentants de chaque force armée et service, puisque chacune des forces armées et chacun des services sera représenté.

La commission comprend également quatre personnalités du ministère à côté de groupe d’experts et un groupe de membre du CSFM qui fournira des contributions à ces travaux.

Il s’agit donc d’une vaste concertation qui est organisée autour de la commission.

Les travaux sont destinés à durer une année.

Comme j’ai eu l’occasion de le dire, je souhaite qu’en 2004, nous puissions mettre en place le nouveau statut général des militaires avec les modifications législatives qui seront vraisemblablement nécessaires.

Quatre domaines d’études nous paraissent importants, au jour d’aujourd’hui. Nous verrons ensuite les développements.

Ces quatre domaines concernent les droits civils et politiques des militaires, la concertation, les garanties juridiques et enfin les grandes règles de gestion. Je l’ai évoqué en parlant du problème du recrutement.

Il est prévu qu’un rapport d’étape soit rédigé. Il sera alors soumis au président de la République.

Le second semestre sera, quant à lui, consacré à des consultations interministérielles et à la rédaction du rapport définitif qui servira de base au projet de loi qui sera soumis au Parlement au printemps 2004. Voilà ce que je pouvais vous dire de ce premier travail au moment où nous venons d’installer la commission

En conclusion, je vous dirai simplement que ce travail est un élément essentiel de consolidation de la professionnalisation des armées. Il est de plus un élément fondamental de l’insertion harmonieuse des militaires dans l’ensemble de la société, et ceci dans le souci de respect de leur spécificité.

Entretien du ministre de la Défense, madame Michèle Alliot-Marie sur toutes les radios

Paris, le 5 février 2003

450 militaires français direction Côte d'Ivoire, ils sont déjà partis d'ailleurs, pourquoi ce renforcement?

Michèle Alliot-Marie :

Depuis le début de la crise ivoirienne, nous nous adaptons en fonction de la situation. Il s'agit donc d'une adaptation. Ce que je constate aujourd'hui, c'est l'inquiétude de nos compatriotes et, d'une façon générale, une inquiétude des étrangers en Côte d'Ivoire, inquiétude que l'on peut comprendre d'ailleurs. Il est tout à fait normal que les gens soient inquiets. Même s'ils ne sont pas directement touchés, ils voient des tensions. Ce climat d'incertitude implique donc qu'on leur réponde. Ce renfort sera de nature à montrer à nos ressortissants que le ministère de la défense est très attentif à la situation et qu'il prend en permanence toutes les dispositions nécessaires pour s'adapter aux évolutions de la situation.

C'est un renfort psychologique ?

C'est un renfort qui devrait effectivement rassurer nos compatriotes. Cela leur permet de bien percevoir que nous sommes présents sur le terrain et que nous avons tous les moyens d'assurer leur protection.

Ces renforts sont plus destinés à sécuriser les Français d'Abidjan ?

Les renforts concernent essentiellement Abidjan, car c'est à Abidjan que se trouve la plus forte concentration de nos compatriotes et des étrangers. S'y trouvent à la fois des Français, et également de nombreux Libanais mais un certain nombre d'autres nationalités.

Vous avez senti effectivement ce sentiment au niveau des Français de Côte d'Ivoire non pas, on ne peut pas parler d'appel au secours mais de dire : ne nous oubliez pas ?

Oui. Je vous le répète, c'est tout à fait normal. On ne peut que comprendre l'inquiétude des gens, même s'ils sont dans un pays qu'ils connaissent bien. Ils peuvent subir des affrontements et s'il y a des tensions entre différents groupes, il est évident que pour ceux qui se trouvent au milieu ou à côté, c'est toujours une situation difficile.

Ces renforts appliqueront les mêmes règles que l'opération Licorne si jamais ils sont vis-à-vis des rebelles ou d'autres, mis en cause, si leur intégrité est menacée?

Leur première mission, c'est de protéger les ressortissants français et les étrangers.

Est-ce qu'ils sont suffisants, est-ce que 450, c'est suffisant pour évacuer en cas d'urgence?

Ce sont 450 qui se rajoutent, je vous le rappelle, aux 1500 à 2000, déjà sur place à Abidjan.

L'évacuation n'est toujours pas d'actualité?

L'évacuation n'est toujours pas d'actualité. Vous pouvez d'ailleurs constater que, depuis plusieurs jours, une certaine accalmie de la situation à l'égard des étrangers.

Pourquoi l'armée de terre ne met-elle pas ses moyens à disposition de l'évacuation des civils qui le souhaitent, alors que les compagnies ont du mal à fournir les capacités elles-mêmes pour évacuer ces gens?

Les compagnies aériennes n'ont pas du mal à fournir les capacités. Hier, quelques avions sont rentrés avec seulement 50 passagers à bord alors qu'ils avaient une capacité de 500 passagers.

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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-06 13:26:44
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Mercredi 5 février 2003

DEFENSE
STATUT GENERAL DES MILITAIRES : Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense installe la Commission de révision du statut général des militaires - 05 02 03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-05 11:49:14
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Mercredi 5 février 2003

BIO-TERRORISME
Bioterrorisme: projet international de recherche de médicaments anti-variole

PARIS, 5 fév (AFP) - Un projet de recherche international pour identifier des traitements de la variole devrait faire appel à la mise en commun de quelque deux millions d'ordinateurs personnels, selon l'université d'Oxford en Grande-Bretagne qui dirige l'opération.

La menace de l'utilisation de la variole comme arme de terreur est largement reconnue, rappelle mercredi l'université.

Cette mise en commun d'ordinateurs est destinée à obtenir une plus grande puissance de calcul. Il s'agit de confronter une base de données de 35 millions de molécules potentielles et plusieurs protéines cibles du virus de la variole, dans l'espoir de sélectionner des candidats-médicaments prometteurs.

Diverses institutions académiques et sociétés sont partenaires du projet, notamment IBM, United Devices, Accelrys et Evotech. Les résultats seront transmis notamment au ministère de la défense américain.

A l'image d'opérations comparables lancées pour le cancer (www.chem.ox.ac.uk/curecancer.html) en avril 2002 avec la participation de deux millions d'ordinateurs ou, début 2002 pour le charbon (www.chem.ox.ac.uk/anthrax/), réalisé en quatre semaines, le projet est basé sur le concept Grid (globalisation des ressources informatiques et des données), de mise en commun de ressources d'ordinateurs.

En pratique, pour participer, il suffit d'aller à l'adresse indiquée (http://www.chem.ox.ac.uk/smallpox/) et de charger un petit programme, un peu plus gros qu'une disquette. Ce programme se met en route mais s'arrête de tourner si vous avez besoin, pour travailler ou jouer, de toute la puissance de votre ordinateur. Les résultats sont transmis à l'occasion d'une reconnexion avec le net.

La vaccination reste le seul moyen de combattre la variole, mais elle pose des problèmes de délais, le temps que l'effet protecteur apparaisse après l'administration du vaccin, de stocks, au cas où il faudrait protéger de grandes masses de populations, et de risques d'effets secondaires.

L'éradication de la maladie a été solennellement proclamée par l'OMS en

En principe, seuls deux laboratoires, l'un américain et l'autre russe, sont détenteurs du virus. Ce qui n'empêche pas la crainte que des échantillons du virus soient parvenus aux mains de personnes malveillantes.

L'actuel vaccin contre la variole est fabriqué à partir de la vaccine ou "variole de la vache". L'idée date du XVIIIe siècle et revient au médecin anglais Edward Jenner.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-05 10:18:33
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Mercredi 5 février 2003

ALLIOT-MARIE
Ministère de la Défense - Délégation à l'Information et à la COmmunication de la Défense. Paris, le 20 janvier 2003 Allocution de Madame Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, à l'occasion de la cloture des 10e rencontres parlementaires « PAIX ET DEFENSE » Monsieur le président, Mesdames et messieurs les parlementaires, Mesdames, messieurs, Je remercie Messieurs d’Aubert et Boucheron de m’accueillir en ces murs pour conclure les dixièmes rencontres parlementaires « Paix et défense ». Cette tradition bien établie s’enracine dans un succès renouvelé. Le thème de vos débats est au cœur de notre action dans le long terme. La défense d’aujourd’hui est essentielle pour la paix de demain : « Si vis pacem para bellum ». L’anticipation et la dissuasion qu’elle rend possibles, la crédibilité qu’elle apporte à notre Défense en sont les instruments. La France, pour assurer son autonomie stratégique, doit disposer d’entreprises performantes. L’autonomie stratégique n’est ni un concept abstrait, ni un prétexte destiné au soutien de notre industrie pour des raisons commerciales. Les conditions d’accès aux technologies nécessaires à la dissuasion, au spatial ou encore aux missiles de croisière sont là pour nous le rappeler. L’autonomie stratégique est une nécessité. Elle se nourrit de la recherche. Si la loi de programmation est principalement orientée vers la production d’équipements, un effort accru en matière de recherche et technologie y a été inscrit. Il doit permettre de maintenir les compétences et savoir-faire stratégiques des bureaux d'études et de préserver notre base industrielle. Cet effort permet aussi d’anticiper et de maîtriser les coûts et les risques techniques inhérents à la réalisation de nos programmes. Cet accent mis sur la recherche a également pour finalité d’intégrer les évolutions technologiques nous rendant capable de faire face efficacement à la diversité des nouvelles menaces. L’anticipation des prochaines ruptures technologiques, le maintien de notre capacité à les traduire en termes stratégiques et opérationnels sont les conditions de notre aptitude à tenir notre rang et à remplir nos engagements. De nombreux moyens ont été mis en place pour restaurer la disponibilité des matériels et moderniser les équipements des armées. Les moyens que nous consacreront à la recherche témoignent de notre volonté de nous mobiliser également sur des préoccupations de long terme. La recherche de défense, enjeu de prospective à long terme et de sécurité pour nos concitoyens, repose durablement sur une implication forte de l’État. Le ministère de la Défense s’y investit donc avec responsabilité et détermination. Vous avez tous eu à l’esprit aujourd’hui la grande disparité entre les budgets consacrés à la recherche de défense de part et d’autre de l’Atlantique, au profit de deux grandes bases industrielles concurrentes, américaine et européenne. Le contexte budgétaire européen particulièrement contraint ne nous permet pas d’espérer consentir le même effort que nos alliés américains. Dans certains cas, nous aurons sans doute à travailler avec eux. Mais l’écart important entre les budgets européens et américains va peser durablement sur nos politiques de recherche. La France a choisi d’aborder la question de la recherche avec ambition et avec une méthode adaptée à ses besoins et ses moyens. La LPM comporte un volet important dédié à la recherche. Les ressources que le projet de loi de programmation militaire prévoit de consacrer à l’effort de recherche technologique s’élèvent à 3,8 Md€ sur les six ans à venir. Cela représente une hausse d’environ 16 % par rapport à l’exécution de la loi de programmation militaire précédente, la LPM 1997-2002. En la matière, la France rejoint le niveau des dépenses du Royaume Uni. Il est essentiel que cet effort se traduise par une utilisation optimale de ces crédits. Les chefs d’états-majors ont rappelé aujourd’hui que nous devons nous concentrer sur les technologies qui serviront directement les facteurs d’efficacité opérationnelle en vue d’obtenir une supériorité sur le terrain. L’activité prospective et la détermination d’un référentiel de capacités technologiques nécessaires pour satisfaire les exigences des systèmes de forces de notre défense seront poursuivies afin de continuer à orienter notre recherche de défense. L’efficacité de notre organisation peut encore être renforcée. Afin de mieux faire partager nos besoins aux industriels, les prochains carrefours « DGA/Industries » doivent permettre de favoriser le cofinancement des études par ceux-ci et d’identifier les marges de progrès. J’ai demandé à la DGA, pour le mois de mars, des propositions de nature à améliorer les procédures contractuelles existantes et à mieux coordonner l’ensemble des études amont. Ces propositions devront être formulées avec le souci de mieux mobiliser les PME innovantes tant dans leur savoir faire que dans leur capacité à répondre à nos attentes. Un protocole entre le ministère de la Recherche et le ministère de la Défense est en cours d’élaboration. Il vise à mieux coordonner les efforts respectifs des deux ministères et à favoriser la recherche civile à vocation duale. Tous ces projets doivent jouer un rôle de levier pour nos investissements. Dans cet esprit, je suis bien sûr disposée à examiner les propositions que vous avez faites aujourd’hui et qui sont de nature à améliorer l’emploi des fonds publics. Les efforts déployés par la France seule ne seront pas suffisants, vous le savez. Les grands groupes américains cherchent aujourd’hui à accroître leur avance technologique en imposant leurs concepts, en particulier dans le cadre du programme de défense antimissile. Ils promeuvent leurs produits, comme le prouve le succès remporté, avant même son lancement, par le programme d’avion de combat Joint Strike Fighter. Ce défi industriel est un défi politique pour l’Europe. Il nous appartient de le relever dans un contexte européen Nous pouvons déjà nous féliciter de ce qui a été accompli. Le processus ECAP offre aujourd’hui aux Européens une structure de réflexion commune sur les besoins capacitaires de l’Europe et les moyens de les satisfaire. Dans le cadre de la LoI, six pays dont la France, travaillent actuellement à l’harmonisation de leurs procédures et à la rationalisation des travaux qu’ils financent, notamment vis-à-vis des sociétés transnationales. L’OCCAR permet d’envisager de mener des projets en s’affranchissant de la règle du juste retour industriel par projet qui freine encore si souvent la construction d’une Europe de l’armement. De nombreux accords bilatéraux rendent possible la mise en commun de ressources à des fins de recherche commune. Toutes ces réalisations sont là pour témoigner que beaucoup en Europe ont pris conscience de l’enjeu. Pourtant, vous en avez fait le constat dans la plupart des pays européens, les budgets ne suivent pas. A l’exception de la France et du Royaume Uni, les Européens, pour des raisons industrielles mais surtout budgétaires, ont aujourd’hui le plus grand mal à dégager les moyens nécessaires au développement d’une Europe de la Défense. Il est nécessaire de contrecarrer ce paradoxe en poursuivant nos efforts. Nous devons mobiliser un plus grand nombre de pays. Les coopérations bilatérales doivent être renforcées. Le processus ECAP doit être poursuivi par le lancement de projets à géométrie et ampleur financière variables. En la matière, des propositions concrètes émanant des industriels sont les bienvenues. La Convention européenne sera également l’occasion de faire progresser, avec nos partenaires, la construction de l’Europe de la Défense dont la politique de recherche constitue un élément clef. Des propositions ont déjà été faites. En particulier, le groupe de travail Défense de la Convention, présidé par Michel Barnier, propose la création d’une Agence européenne d’armement et de recherche stratégique. Sans rentrer dans le détail de la structure proposée, le groupe de travail souhaite avant tout la mise en commun de notre recherche de défense et de l’acquisition de nos équipements. Outre la France et le Royaume-Uni, certains ont une recherche de défense qui n’est pas négligeable. Ceux qui investissent peu dans la recherche consacrent néanmoins des ressources importantes dans l’acquisition de matériels. Leurs besoins doivent être pris en compte dans le cadre de cette recherche menée en commun. Le constat dressé par les industriels est juste. Ces dernières années, nous avons œuvré à l’amélioration de la cohérence de l’offre industrielle européenne et nous continuerons à le faire. Nous devons également avancer dans l’harmonisation de la demande. Enfin, pour mener à bien politiquement cette entreprise, nous ne saurions nous passer de l’adhésion de tous les pays de l’Union européenne. Tous peuvent, quels que soient leurs moyens, renforcer la légitimité de la position européenne dans le monde. Ainsi, notre objectif premier, indépendamment du choix des structures, doit être le renforcement de la volonté de l’Europe de se doter des moyens de sa défense. Le cadre institutionnel ne doit pas être le substitut de l’ambition politique. Face aux nouvelles menaces et aux nouveaux risques, la France entend consacrer d’importants moyens à sa recherche de défense. La France souhaite que l’ensemble des Européens prennent également conscience de l’enjeu stratégique et participent activement à relever les défis scientifiques, techniques et industriels qui nous font face. Seule cette vision à long terme, incarnée dans un effort partagé, nous permettra de préparer l’avenir de paix et de sécurité auquel aspirent légitimement tous les Français et tous les Européens. Elle permettra également à l’Europe d’être plus efficace au service de la paix et de la sécurité du monde. Je vous remercie.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-05 08:51:08
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SECURITE ET DEFENSE PAR ERIC JL BRETON - DEFENSE